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02 mai 2006

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Enzo Ferrari : "si j'avais dit a mes débuts que je construiré plus d'une voitures j'aurais mentie"

I les première années d'un homme d'exeption:

Les premiers désirs d'Enzo Ferrari sont ceux d'un enfant heureux. Il est officiellement né à Modène, sous la neige, le 18 février 1898. La neige était d'ailleurs si abondante que ses parents durent attendre deux jours pour aller déclarer sa naissance à la mairie. Son père, Alfredo, était né à Capri et avait crée un atelier où l'on construisait du matériel destiné aux chemins de fer; il était passionné de musique et bon violoncelliste amateur. Sa femme, Adalgisa Bisbini, venait de la campagne de Forlì et était aux dires de son fils, "une belle femme". Deux fils naissent. Le premier se prénomme Alfredo,"Alfredino", Dino, comme son père, ainsi que le voulait la tradition. Une tradition qu'Enzo suivra plus tard. Les deux frères ont deux ans de différence; leurs goûts et leurs caractères sont très différents. Alfredo aime l'école, enzo la déteste. D'ailleurs il redouble deux fois. Il préfer travailler, être journaliste pour la Gazzetta dello Sport pour laquelle il écrit les premiers compte-rendu depuis le stade de Modène, à 16 ans. La famille Ferrari est une famille aisée, l'une des 27 familles à posséder une voiture, une famille qui va dîner au restaurant en fin de semaine, qui va au théatre, etc... La première fois qu'Enzo Ferrari se rend sur un circuit, c'est le 6 Septembre 1908: il assist à la Coppa Florio où il est subjugué par Felice Nazzaro au volantd'une Fiat 130 HP. Arrive la grande guerre qui marque un brusque revirement du destin pour la famille Ferrari. Le père d'Enzo meurt en février 1915. Alfredo, parti comme volontaire pour transporter les blessés avec la Diatto Torpedo de son père, meurt quelques années plus tard. Enzo estengagé en 1917, affecté au ferrage des mulets. Mais il contracte une pleurésie, on l'envoie à l'hôpital à Brescia puis à Bologne. Il s'en sort, la guerre est presque finie, mais le sort de la famille Ferrari a radicalement changé et il doit trouver du travail. Il a en main une lettre de recommandation pour Fiat, signé de la main de son colonnel, il est titulaire du permis numéro 1363 et il décide, malgré sa mère, de partir pour Turin. Nous sommes en Novembre 1918 et les candidats sont nombreux, trop nombreux pour Fiat. Impossible pour le moment de se faire embaucher. Enzo Ferrari reste à Turin, il cherche un emploi et attend la levée du décret interdisant la circulation des voitures privées, ce qui arrive enfin le premier janvier 1919. L'industire automobile connait instantanément un regain d'activité et Enzo Ferrari est embauché par le garage Giovannoni, qui transforme des camions Lancia en châssis destinés à la carosserie Italo-Argentine de Milan. Ferrari voyage sans cesse entre ces deux villes. A Milan, il fait la connaissance de Ugo Sivocci, un jeune pilote, ancien cycliste. Grâce à lui, il est engagé comme pilote d'essai par la CMN avant Pâques 1919. Il s'installe en plein centre de Milan, corso Vittorio Emanuel II, il fréquente des pilotes et des constucteurs et attend la reprise des compétitions automobiles. La première compétition a lieu le 24 Août au Danemark et elle est remportée par un italien, Fernandino Minoia. Les compétitions reprennent aussi en Italie: Ferrari vient d'acheter une CMN 15/20 et s'inscrit à la course Parme-Poggio di Berceto qui doit de dérouler le 5 Octobre 1919. Il parvient à convaincre son ami Nino Beretta d'être son coéquipier. Il part avec le numéro 29, arrive quatrième de sa catégorie, onzième de la course et receuille, tout au long de celle-ci, "les restes des applaudissements d'un public qui avait ovationné le grand antonio Ascari", vainqueur absolu au volant de sa Fiat Grand Prix 1914. Moyenne d'Ascari: 83,275km/h. Presque sans s'en apercevoir, Enzo Ferrari est devenu pilote. Il n'a que 21 ansmais possèdeune voiture et c'est l'un des véritables pionniers. Après la course Parme-Poggio di Berceto, il pense à prendre sa revanche, à la Targa Florio du 23 Novembre. Une course dure, qui commence au terme d'un voyage long et fatiguant qu'il doit accomplir au volant de sa CMN. Ce ne sera pas un triomphe, mais la longue course automobile est désormais commencée.

II ENZO FERRARI PILOTE ENTRE 1918 ET 1931

Sa carrière commence en 1919avec le constructeur milanais CMN lors de la course Parme-Poggio di Berceto, où le jeune homme, alors âgé de 21 ans se classe onzième. C'est le début d' une longue aventure. Ferrari participe à la Targa Florio de 1919: il se place que neuvième en raison de son inexpérience et de nombreux incidents techniques, mais le jeune homme considère ce classement comme" un petit succès". L'annnèe suivante, il pilote une Isotta Fraschini 4500Grand Prix 1914, avant d' adopter une Alfa Romeo. Au volant d' une 20/40 bibloc, il se place deuxième à la Targa Florio. De 1921 à 1924,Farrari va courir avec des Alfa Romeo.C'est l'époquede Guiseppe Campari, deGastone Brili-Peri et d' Antonio Ascari. Il se place à la troisième place de la Parme-Poggio di Berceto de 1921 et la même année, il est vainqueur à la Coppa delle Alpi. Il est de nouveau victorieux sur le circuit de Ravenne de 1923 et de 1924. En 1924, Ferrari obtient la plus belle victoire de sa carrière, celle remportée à la coupe Acerbo de Pescara, au volant d' une Alfa Romeo RL. Ce succès le porte sur le devant de la scènecar il est parvenu à battre les puissantes Mercedes. C est à cette occasion qu'il reçoit le titre de Cavaliere. Un an au paravant, Ferrari a fait une rencontre importante pour sa carrière: au circuit du Savio, il a été présenté aux Baracca, vieille famille de la noblesse italienne, dont le fils Francesco a été l'as des as dans l'aviation italienne. La comtesse Paolina lui a offert le "cheval cabré" qui frappait autrefois le fuselage de l'avion de son fils, abttu au-dessus de Montello. Après une interruption entre 1924 et 1927, Enzo Ferrari reprend la course automobile. Ses résultats sont moins prestigieux, car il se mesure à des champions du nom de Nuvolari et de Varzi. Mais il parvient parfois à les battre. Sa plus belle course est peut-être l'une de ses dernières: le circuit des trois provinces de 1931, compétition où il se place deuxième, après un duel avec le champion de l'époque Nuvolari. Le "fou volant" de Mantoue déclare à la fin de la course: "pour vous battre, j'ai dû batailler comme jamais!" Voilà sans doute le plus beau compliment qu'ait jamais recu Enzo Ferrari au cours de sa carrière de pilote. En 1929, l'écurie Ferrari est créée et pour l'Ingegnere, c'est le début d'une nouvelle vie. Il décide alors d'abandonner le pilotage, décision difficile, mais irrévocable. Cinquante ans plus tard, Enzo Ferrari déclarait: "je pris la décision de ne plus courir en janvier 1932, à la naissance de mon fils Dino." Enzo Ferrari tient sa promesse; une qualité qui le caractérisera tout au long de sa vie.

III NAISSANCE DE LA SCUDERIA FERRARi

Enzo Ferrari a vite compris que son destin n'était pas de rester pilote automobile. Très vite, il fait preuve de dons d'organisation. "Chez Alfa Romeo, je n'étais pas qu'un simple pilote. Je ressentais le désir ardent de faire quelque chose pour les voitures, les créatures vivantes que j'aimais passionément", se souvient Enzo Ferrari. Ferrari entre chez Alfa Romeo en 1920. Il s'y mène de nombreuses tâches, même des rapports avec les fournisseurs. En 1923, l'Alfa P1 déçoit les dirigeants de l'écurie, qui le charge de se rendre à Turin pour tenter de soustraire aux usines Fiat des techniciens de valeurs. Tâche dont il va glorieusement s'acquitter en convincant Luigi Bazzi et Vittorio Janoà s'installer à Portello, près de Milan. Ferrari est entrain d'acquérir une expérience humaine et technique qui lui sera fort utile dans sa carrière. A cette époque, il jette les bases de son activité de "grand agitateur d'énergies humaines "qui trente ans plus tard, aboutira au lancement des monoplaces les plus célèbres des circuits du monde entier et par la conquête d'innombrable victoires du monde de F1. En 1931, Enzo Ferrari court la dernière fois sur le Circuit des Trois Provinces. Il est deuxième, derrière Tazio Nuvolari, autre pilote de l'écurie Alfa Romeo. Trois ans plus tôt, il a fondé l'écurie Ferrari, installée via Trento et Trieste à Modène, pour seconder les propriétaires privés d'Alfa Romeo, dont la grande maison lombarde ne peut se charger. La fondation officielle de l'écurie a lieu le 1er décembre 1929 et l'acte de "naissance" porte l'appellation de Societa anonima Scuderia Ferrari. Le capital de l'affaire a été fourni Alfredo Caniato, négociant en chanvre, et par Mario Tadini, directeur d'un magasin de vêtements. Ferrari assume l'entière responsabilité des affaires et l'écurie s'installe dans les locaux du garage Gatti, à Modène. Ce n'est qu'en 1930 que la société déménageradans la superbe villa Libety du 11 de la Via Trento et Trieste, à Modène. L'initiative remporte immédiatement l'approbation d'Alfa Romeo, qui voit la possibilité d'augmenter, sans en supporter les conséquences techniques et financières, le nombre des pilotes de haut niveau conduisant ses voiture sur les circuits. Enzo Ferrari fait alors preuve de génie: il propose à Alfa Romeo un échange d'actions entre les deux écuries, afin d'obtenir un support technique, et, par son charisme et ses dons d'organisateurs, il parvient à gagner la confiance de plusieurs grands pilotes qui accepteront plus tard de courir pour l'écurie officielle du Commendatore. En 1930, Ferrari engage Tazio Nuvolari, champion motocycliste. Il lui confie une Alfa P2 et le succès est immédiat: 3 victoires le premier mois. Ce sera le clou de la saison, qui se solde pour l'écurie par 22 participations, 50 pilotes inscrits et 8 victoires. 1931 sera une année succès: l'écurie engage 10 voiture aux Mille Miglia et remporte une deuxième place, grâce à l'équipe Campari-Marinoni. La saison se poursuit avec plusieurs victoires sur des circuits de montagne et avec deux succès de Nuvolari. Campari est vainqueur à la coupe Acerbo et Nuvolari a la coupe de la Consuma. désormais Ferrari compte dans la course automobile, d'autant que son directeur a également travailler à la mise au point de plusieurs Alfa Romeo de compétition. Au début de 1932, le comte Carlo Felice Trossi rachète les parts d'Alfredo Caniato et devient président de l'écurie Ferrari. Trossi est également un excellent pilote amateur, qui remporte la coupe Gallenga cette année-là. L'écurie continue son ascension par les victoires de Nuvolari-Borzacchini à la Targa Florio, de Ghersi à la coupe Messina, de Brivio-Siena aux 24 heures de Spa et de Nuvolari à la coupe Acerbo. 1931 marque aussi l'apparition du cheval cabré sur la carrosserie des voitures. Enfin, Ferrari décide d'engager des pilotes de motocyclettes, auxquels il confie des machines signées Rudge et Norton. Taruffi et Aldrighetti offrent plusieurs victoires au Commendatore mais celui-ci sait que son destin est lié à l'automobile: l'écurie poursuit sa progression.

IV UN HOMME SEUL CONTRE A TOUS

Au début de 1933, Alfa Romeo renonce à la compétition. Pour Enzo Ferrari cet évenement a du bon car il va lui permettre de tenter une nouvelle éxpérience: cette fois-ci en effet, il gérera sa propre écurie de course, la Scuderia Ferrari. Pour l'état italien qui vient à peine d'aquérir la propriété d'Alfa Romeo, la compétition revient beaucoup trop chère. Ferrari demande que lui soit confiées les nouvelles P3; face au refus qui lui est opposé, il décide de faire modifier par les techniciens de l'écurie les 8C Monza et Mille Miglia avec lesquelles il a triomphé l'année précédante. La cylindrée est portée à 2,6L. Il fait courir de ses vielles Alfa une monoplace Duesenberg flambant neuve équipé d'un moteur 8 cylindres de 4l de cylindrée. Dans l'esprit de Ferrari, cette acquisition est probablement un moyen de faire pression sur Alfa Romeo afin d'obtenir les fameuses P3 ou bien encore une façon de profiter du prestige qu'une telle voiture produirait sur le public. Ou encore, s'agit-il peut-être d'un moyen supplémentaire de s'assurer la victoire. Mais la Duesenberg est un investissement inutile car aucune de ces trois options ne se concrétise. La scuderia Ferrari remporte la victoire, mais avec les vieilles Alfa 8C. Nuvolari gagne la première course de 1933, le grand prix de Tunisie, et renovelle son exploit aux Mille Miglia avec Compagnoni; il remporte une troisième victoire au circuit Bordino d'Alessandria. C'est ainsi que naît le mythe du "Mantouan volant" et Ferrari sait en tirer parti en accroissant son prestige. Mais une mauvaise surprise l'attend, une surprise qui a la couleur bleue de la France et un nom évoquant l'Italie: Bugatti. Les Alfa 8C ne sont pas à la hauteur des créations du fameux Ettore Bugatti et, Nuvolari, qui s'impose pourtant à l'Eifel et au grand prix de Nîmes, commence à revendiquer le droit de choisir avec quelle voiture sourire. Un souhait légitime puisque la Scuderia Ferrari n'est pas une équipe officielle. Nuvolari et Ferrair entre en conflit, le 2 Juillet, Nuvolari signe on accord avec Ernesto Maserati pour courir avec ses monoplaces. Le Mantoun remporte victoire sur victoire mais désormais ses rapports avec Ferrari sont compromis. La rupture ne surprend personne et elle entraîne toute une série d'évenements qui tourneront à l'avantage d'Enzo Ferrari. Nuvolari et Borzacchini s'en vont mais Alfa craignant sans doute d'avoir perdu le meilleur pilote du moment, accepte enfin de confier les P3 si convoitées à la Scuderia Ferrari. D'autre part, l'écurie de Modène engage Luigi Fagioli et Guiseppe Campari, qui trouve malheureusement la mort sur le circuit de Monza en cette même année 1933 dans un accident qui coûtera également la vie à Borzachini et comte polonais Tchaïkowski. Fagioli additionne les victoires et l'année se conclue par un bilan positif. En 1934, Alfa Romeo impose à Ferrari d'engager Varzi et Moll. Pour Ferrari c'est le meilleur moyen de compenser la perte de Brivio et Fagioli qui rejoignent respectivement Bugatti et Mercedes. Depuis le début, les Alfa P3 de la Scuderia Ferrari améliorées par les techniciens de la firme dirigée par Luigi Biazzi, font preuve de compétitivité. Varzi devient aussi célèbre que Nuvolari; les deux hommes se partagent désormais les honneurs du public et leur rivalité restera célèbre. Quoi qu'il en soit, les difficultés de Ferrari ne viennent pas du fameux Mantouan mais des monoplaces allemandes de plus en plus rapides. Les P3 remportent la victoire, certes, mais généralement grâce aux ennuis mécaniques qui frappent leur adversaire. La Scuderia Ferrari entre dans une passe difficile, à graver par la mort de Guy Moll. En 1935, Nuvolari est de retour et Ferrari met au point une monoplace extrêmement puissante, la Bimotore, un monstre équipée d'un moteur 16 cylindres. Entièrement conçue à Modène, elle peut être considérée comme la première voiture signée Enzo Ferrari. Mais son poids excessif ainsi que les problèmes de pneumatiques ne permettent pas à la Bimotore de gagner autant qu'ellle le devrait; alors Ferrari s'en remet encore aux P3, moins rapides mais plus fiables, qui remportent la victoire aisément grâce au génie de Nuvolari. En1936, Enzo Ferrari est au faîte de la gloire: il est représentant d'Alfa Romeo sur les circuits, il a construit une monoplace à laquelle il peut donner son nom, et ses côtés des hommes comme Tazio Nuvolari et Nino Farina et surtout c'est le seul à avoir tenu tête aux colosses allemands Mercedes et Auto Union. On le définit vonlontiers comme un homme coraice, têtu, volontaire. Il ne cessera jamais de le démontrer par la suite.

V FERRARI QUITTE ALFA ROMEO

En 1937, les rêves de victoire de Ferrari coïncidentavec ceux d'Alfa Romeo, géré depuis 1933 par l'état italien, mais pas avec ceux de Benito Mussolini et du parti fasciste. Les dirigeants du régime exigent toujours plus de la maison lombarde, avide de victoires, de succès et de gloire sur la piste, afain de traiter d'égal à égal avec les allemands, qui utilisent les succès de Mercedes et d'Auto Union pour accroître le prestige du nazisme. Le gouvernement italien fait pression sur les dirigeants de Portello pour que le département course soit rapatrié à Milan. Ainsi 80% des actions de l'écurie Ferrari appartenant au Commendatore lui-même sont-ils cédés à Alfa Romeo dès le début de l'année 1937. Mais il n'y a pas à discuter, car les ordres viennent des hautes sphères. Par cette décision, Ferrari perd une grande partie de son autonomie. On envoie Gioachino Colombo à Modène poue étudier une nouvelle monoplace et Ferrari travaille pendant ce temps au dévellopement de nouveaux moteurs de petite cylindrée pour la future Formule de grand prix. Les changements politiques et sa nouvelle activité technique n'empêchent pas le commendatore d'inaugurer la saison par un doublé aux Mille Miglia: Pintacuda et Mabelli sont premiers, Farina et Meazza se classe deuxièmes. Enzo Ferrari remporte d'autres victoires, avant de se mesurer aux Mercedes et aux Auto Union qui lui infligent cepandant de cuisantes défaites. Malgré la détermination de Ferrari, l'écurie n'est plus ce qu'elle était et Tazio Nuvolari, l'as des as vainqueur aux Circuit de Milan, ne parvient pas à modifier une situation toujours plus pesante, au point de mettre en péril l'avenir du Cavallino. Le climat brûlant crée par les dirigeants fascistes qui veulent absolument égaler les allemands en course, fait bientôt sa première victime: Vittorio Jano, concepteur des Alfa P2 et P3, est éloigné de Portello après la défaite des 12 cylindres milanaises. Le 1er Janvier 1938, on annonce la naissance d'Alfa Corse, département sportif de la maison lombarde installé sur le site de Portello. L'écurie Ferrari est absorbée par la nouvelle stucturesans autre forme de procès. Mais qu'en est-il d'Enzo Ferrari lui-même? Son expérience et son nom sont des atouts précieux que ne néglige pas le gouvernement fasciste, qui lui propose de rallier la direction d'Alfa Corse. Les mécaniciens, les pilotes, les techniciens, le matériel, les projets et les prototypes sont "déménagés" de Modène à Milan. On trouve dans les bagages du Commendatore quatres petites monoplaces avec moteur à huit cylindres d'une cylindrée de 1,5l: ces voitures seront en fait les futures 158. La 158 plus connu sous le nom d'Alfetta , a été conçue en 1937 sous la houlette de Ferrari lui-même. Le moteurest un huit cylindres 1500cm3 avec compresseur. Le projet est signé Gioachino Colombo, futur concepteur du moteur 12 cylindres en V qui marquera l'histoire du cheval cabré. colombo a pour collaborateurs Alberto Massimino, responsable du dessin et de la suspension arrière, Luigi Bazzi, Nasi et Gilberti. Les techniciens travaillent au projet. La voiture est conçue à Modène sous la direction de Ferrari qui, au moment de la liquidation de son écuries, a vendu à Alfa différents projets et prototypes. Le contrat signé entre Ferrari et la maison Lombarde est à l'avantage du premier, et l'argent encaissé permettra au Commendatore de fonder après la guerre une fime à son nom. Le contrat prévoit toutefois une clause restrictive pour Ferrari: dès lors qu'il quitte Alfa Romeo, il s'engage à ne pas s'occuper de voitures de sport ni de compétitions pendant une durée de quatre ans au minimum. Le contrat lui interdit en fait d'utiliser son nom dans le monde des courses. Mais Enzo Ferrari contournera très bietôt la difficulté. En 1939, Ferrari quitte Alfa Romeo et déclare: "je ne souhaite pas abdiquer mes convictions." Le retour à Modène est officiellement motivé par la promotion comme responsable des voitures de compétitions de Wilfredo Ricart, personnage avec lesquel Ferrari n'a jamais entretenu de bons rapports. En réalité, le Commendatore ne supporte pas ed sentir entravé et souhaite retrouver sa chère liberté. "Entre les mains autocratiques d'Enzo Ferrari, l'écurie jouissait d'une remarquable indépendance et il était souvent difficile de dire si c'était Ferrari qui travaillait pour Alfa Romeo ou le contraire!" raconte Griffith Borgeson, l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire d'Alfa Romeo. A Modène, Ferrari retrouve les locaux de la via Trento et Trieste qui avaient précédemment acceuilli l'écurie et il y fonde l'Auto Avio, société spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour avions et automobiles. Un petit groupe de mécaniciens d'Alfa Romeo l'a suivi en Romagne, preuve que le charisme du constructeur est déjà grand. Le Commendatore, persuadé qu'Alfa Romeo lui a volé sa monoplace 158, travaille à sa revanche: il sait qu'il construira bientôt une nouvelle voiture de course, qu'il baptisera 815...

IV Enzo le constructeur:

Chez Alfa Romeo, il s’occupait aussi de nombreuses tâches, comme des rapports avec les fournisseurs. En 1923, la nouvelle Alfa Roméo P1 ayant déçu, il va convaincre Luigi Bazzi et Vittorio Jano, deux des meilleurs techniciens de Fiat de travailler pour Alfa Romeo.

Parallèlement, le 1er décembre 1929, avec deux associés Alfredo Caniato et Mario Tadini, et l’approbation d' Alfa Romeo, il fonde à Modène une société sportive, la Societa anonima Scuderia Ferrari, dont l’activité était de seconder les propriétaires privés et pilotes de haut niveau de voitures Alfa Romeo. Filiale, dans un premier temps, d’Alfa Romeo, elle en devient indépendante en 1940. En 1933, les ateliers déménagent de Modène vers Maranello en Émilie-Romagne.

Par son charisme et ses dons d’organisateur, il parvient à gagner la confiance de plusieurs grands pilotes qui accepteront plus tard de courir pour l’écurie officielle du Commendatore, comme Tazio Nuvolari, en 1930, qui gagne, dès le premier mois, 3 victoires avec une Alfa Romeo P2. La saison se solde pour l’écurie par 22 participations, 50 pilotes inscrits et 8 victoires.

Pour l’année 1931, qui voit l’apparition du cheval cabré sur la carrosserie des voitures, l’écurie engage 10 voitures aux Mille Miglia et remporte la deuxième place, puis plusieurs victoires sur des circuits de montagne, avec deux succès de Tazio Nuvolari, la coupe Acerbo remportée par Compagnoni et la coupe de la Consuma remportée par Tazio Nuvolari. Enzo Ferrari compte désormais dans la course automobile.

En 1932, le comte Carlo Felice Trossi, excellent pilote amateur, rachète les parts d’Alfredo Caniato et devient président de l’écurie Ferrari. La « Scuderia Ferrari » remporte la Targa Florio (Nuvolari-Borzacchini), la coupe Messina (Ghersi), les 24 heures de Spa (Brivio-Siena), la coupe Acerbo (Nuvolari) et la coupe Gallenga (Trossi).

1933 est l’année où le constructeur Alfa Romeo,  qui vient d’être racheté par l’état italien, se retire de la compétition et refuse de fournir à Enzo les nouvelles Alfa Romeo P3. Enzo décide alors de faire modifier par ses techniciens les Alfa Romeo 8C Monza et Mille Miglia avec lesquelles il a triomphé l’année précédante. La cylindrée est portée à 2,6 L. En monoplace, il utilise une Duesenberg flambant neuve équipée d’un moteur 8 cylindres de 4 L. La « Scuderia Ferrari » gagne des courses avec les vieilles Alfa Romeo 8C : le Grand prix de Tunisie (Nuvolari), les Mille Miglia (Compagnoni), le circuit Bordino d’Alessandria, l’Eifel et le Grand prix de Nîmes.

Mais 1933 est aussi l’année où apparaît un nouveau sérieux concurrent le français Bugatti, et où la tension devient forte entre Enzo et Tazio Nuvolari qui finit par partir chez Ernesto Maserati le 2 juillet, suivi par un autre pilote Borzacchini. Cependant Enzo finit par obtenir les fameuses Alfa Romeo P3, et embauche de grands pilotes Luigi Fagioli et Giuseppe Campari, qui va trouver la mort dans un grave accident sur le crcuit de Monza, mais Luigi Fagioli additionne les victoires et l’année se conclue sur un bilan positif.

En 1934, Luigi Fagioli quitte Enzo pour Mercedes, mais arrivent deux nouveaux coureurs Achille Varzi, qui venait de Bugatti, et Guy Moll. Les Alfa Romeo P3, améliorées par les techniciens dirigés par Luigi Biazzi, font toujours preuve de compétitivité. Achille Varzi, gagne le championnat d’Italie avec 9 victoires sur Alfa Romeo, dont le Mille Miglia. Il devient aussi célèbre que Tazio Nuvolari, et leur rivalité devient légendaire. Cependant les Mercedes deviennent de plus en plus performantes, mais le pilote Guy Moll trouve la mort.

En 1935, le pilote Tazio Nuvolari revient chez Enzo, il conduit une nouvelle voiture monoplace extrêmement puissante, la Bimotore équipée d’un moteur 16 cylindres. Entièrement conçue à Modène, elle peut être considérée comme la première voiture signée Enzo Ferrari. Cependant, son poids excessif et des problèmes de pneumatiques la rendent peu performante, et les vieilles Alfa Romeo P3 conduites par Tazio Nuvolari assurent les victoires.

L’année 1936 est, pour Enzo Ferrari, une année de consolidation. Grâce à ses pilotes Tazio Nuvolari et Nino Farina, il représente avec succès Alfa Romeo sur les circuits, il a construit une monoplace à laquelle il peut donner son nom, et peut tenir tête aux constructeurs allemands Mercedes et Auto Union. Il acquiert une réputation d’homme coriace, têtu, volontaire, qu’il ne démentira jamais par la suite…

VII L'aprés guerre

Les affres de la Seconde Guerre mondiale pèsent lourdement sur le rêve d’Enzo, puisque ses ateliers devront fabriquer des machines-outils. Ils ne pourront renaître à l’automobile qu’en 1945 et verront naître leur première voiture véritablement Ferrari qu’en 1946, avec la Ferrari 166, première voiture portant le célèbre emblème du cheval noir cabré sur fond jaune, qui désormais s’affichera sur chaque véhicule sorti de ses ateliers.

Cet emblème était à l’origine peint sur la carlingue de l’avion de chasse de Francesco Baracca, pilote héroïque et as de l’aviation de la Première Guerre mondiale. Ce cheval noir sur fond jaune a été le porte-bonheur prédit par la comtesse Paolina Baracca. Le jaune est la couleur de la ville de Modène. C’est ainsi que naquit l’emblème mythique de Ferrari. La couleur rouge typique des carrosseries des voitures Ferrari vient quant à lui du fait que dès le début du siècle, le rouge était la couleur nationale attribuée aux véhicules italiens de Grand Prix.

La première victoire de Ferrari a eu lieu dès le 25 mai 1947, sur le circuit de Rome, avec comme vainqueur le pilote Cortese, au volant d’une Ferrari 125 S (une 815). C’est le début de la gloire pour Enzo Ferrari.

La première victoire en championnat du monde a eu lieu en 1951 au Grand Prix de Grande-Bretagne. Cette victoire marqua le début des nombreux succès des Ferrari sur tous les circuits du monde.

En 1955, son fils Dino meurt à l'âge de 24 ans, d’une leucémie. Effondré par ce deuil, « Il commendatore » faillit tout arrêter. Mais la mise en œuvre du V6 dessiné par son fils le remotivera. Mais il aura tendance à rester cloîtré dans son bureau ou chez lui tout en restant en étroit contact avec son écurie. Il a constitué, année après année, le palmarès le plus prestigieux du sport automobile.

En 1969, après plusieurs années d'insuccès, Fiat rentre à 50 % dans le capital de Ferrari, et apporte les solutions financières pour relancer le dynamisme du constructeur et retrouver le chemin de la victoire.

Malgré un itinéraire de courses jonchées de vies brisées et de pilotes morts sur les circuits, Enzo Ferrari avait le don de stimuler la concurrence entre ses pilotes. On le disait plus préoccupé par les mécaniques que par les hommes.

Avant sa mort, on apprend que Piero Lardi, directeur administratif de la Scuderia, est son fils caché ! Dino mort, ce dernier assure la relève.

Tous sa a mener a sa

2006_20_7

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Chapeau l'artiste et longue vie au Cheval cabré

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Posté par forzaschumi à 21:11 - enzo ferrari "the boss" - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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