15 août 2006
A la fin des année soixante dix, les propriétaires des écuries de F1, avec à leur tête Bernie Ecclestone , le patron de Brabham, lancèrent un défi à la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) pour le contrôle des droits promotionnels de la F1.
Ce sport s’était considérablement développé grâce à une meilleure couverture télévisuelle, et les écuries tout comme les dirigeants, voulaient s’assurer le contrôle des revenus importants qui allaient de pair avec lui : cet affrontement devint célèbre sous le nom de guerre FISA/FOCA. La FIA qui était l’organisme qui chapeautait la FISA – laquelle, à l’époque était responsable du secteur sport – possédait les droits de mise sur le marché de la Formule 1, mais les écuries, unies sous la bannière de la Formula One Constructors Association (FOCA), firent remarquer qu’étant donné leur responsabilité dans l’organisation du spectacle, c’est à elle que devait revenir le contrôle des droits. En mars 1981, au terme d’un conflit qui dura plusieurs années, et après qu’un championnat dissident eut été évoqué, on parvint finalement à un compromis, connu sous le nom d’Accords de la Concorde, qui était un accord tripartite conclu entre les équipes constituant la FOCA, la FIA, et les prétendus " Grands Manitous " - celles parmi les équipes qui avaient pris fait et cause pour les dirigeants, notamment Ferrari mais aussi Renault. La FOCA accepta de céder à la FIA un pourcentage important des profits réalisés et de partager le reliquat entre les équipes en fonction de leur prestige historique et de leurs résultats.
Les débuts d'Ecclestone comme grand argentier
La Formule 1 s’installa ainsi dans une période de développement considérable dans la mesure où elle drainait vers elle des fonds très importants en provenance des constructeurs automobiles, des industriels du tabac et des sociétés de télévision. La gestion par Ecclestone du marché des droits audiovisuels se fit de plus en plus agressive, les prix étant revus à la hausse et les sociétés de télévision se voyant contraintes de les accepter afin d’augmenter leur couverture. Dans l’hypothèse d’un refus de leur part, Ecclestone vendait les droits à leurs concurrents. Le nouveau bon en avant de la popularité de la Formule 1 à la fin des années quatre vingt permis à Ecclestone de revoir les prix à la hausse non seulement vis-à-vis des sociétés de télévision mais aussi pour les organisateurs de compétition. Lorsque ses derniers refusaient de payer les tarifs qu’il pratiquait, Ecclestone trouvait quelqu’un qui soit en mesure d’accepter ou qui accepte de devenir lui-même le promoteur de la course. Ceci provoqua parfois des pertes très importantes pour la FOCA. Quand l’occasion se présenta d’ouvrir des négociations en vue du deuxième quinquennat des Accords de la Concorde – à courir entre 1987 et 1992 – les propriétaires d’écuries refusèrent de prendre les mêmes risques. On convint donc qu’Ecclestone créerait sa propre société indépendante – Formula One Promotions and Administration – et la vente des droits promotionnels à la Formule 1 serait sous-traitée à la FOPA par la FOCA. Comme l’argent affluait, tout le monde était satisfait du contrat. Ecclestone renonça à être propriétaire d’écurie et fut nommé Vice-Président de la FIA, responsable du secteur promotionnel. Il était devenu le caissier de la course automobile.
Les frictions continuent
Au cours des années fastes au début des années 90, tout le monde était satisfait de voir Ecclestone continuer à jouer le rôle qu'il s'était lui-même attribué, et un troisième Accord de la Concorde pour la période 1992-1997 fut conclu sans soulever d’opposition. C’est seulement lorsqu’il fut établi clairement qu’Ecclestone amassait des sommes d’argent gigantesques grâce à ce sport, que les propriétaires d’écurie commencèrent à protester, objectant qu’ils devaient recevoir plus d’argent dans la mesure où c’était eux qui créaient le spectacle. Ecclestone contre-attaqua en leur faisant remarquer qu’il les avait tous enrichis et qu’il avait pris les risques au moment où eux ne souhaitaient pas en prendre. La bataille ferait rage quand il serait question de négocier les Accords de la Concorde pour les années 1997/2001, heure à laquelle Ecclestone envisagerait de faire entrer la Formule 1 sur les marchés boursiers.






